Psycho Déclics : dire « non », c’est prendre soin de la relation

Oui, dire « Non » prend soin de la relation

Dans notre consensus sociétal, dire non est (trop) souvent désigné comme une violence, une radicalité, le rejet de l’autre et de son besoin.

Et si au contraire, le « non » prenait soin ?

Nous parlons ici d’un « vrai » non, un non authentique qui signifie que les intérêts, les limites, les besoins ne sont pas respectés dans la proposition ; pas un non de principe ou de domination.

Pourquoi est-il si difficile de dire non ?

Peut-être parce que nous naissons et grandissons dans un système éducatif et sociétal basé principalement sur des rapports de domination ou de soumission, qui nous apprennent à dominer ou à nous soumettre, rarement à être et nous sentir dans des relations d’adelphité, c’est à dire en êtres égaux, ayant la même valeur d’existence.

Enfant, lorsque nous disons « non » à une figure d’autorité, la réaction à ce « non » est souvent une réprimande, une injonction à, une exigence, une punition, un isolement …. ou à minima, l’apparition d’agacement ou d’impatience. A contrario, lorsque nous disons « oui », nous sommes félicité-e-s voire récompensé-e-s, et pouvons même recevoir des marques d’affection.

Alors même que la figure d’autorité n’existe plus, en tant qu’adulte, nous avons intériorisé ce fonctionnement. Et puis, nous le voyons perpétué dans les systèmes professionnels, dans nos couples, avec les administrations et pouvoirs d’état ; dans un même système de récompense et de réprimande.

Avec la construction de ces modalités relationnelles, nous acquérons la croyance que la qualité, la profondeur, la sécurité dans la relation à l’autre est fragile, du moins, conditionnée… par le fait de dire oui !
Ajoutons notre besoin fondamental d’Etre vivant de nous sentir en lien et il devient très difficile de dire « non » et de recevoir un « non ».

En effet, dans ce contexte éducatif et sociétal, nous avons aussi appris à entendre le non comme un rejet : ce non signifie que je ne compte pas pour l’autre. Ou encore, il suscite de la colère, nous passons en figure d’autorité à notre tour : l’autre n’est pas bienveillant, il devrait changer de comportement.

Ainsi, plus la relation est importante pour nous, plus il peut être difficile de dire non. Nous avons peur d’abîmer cette relation ou pire, de la perdre.

Alors que nous ressentons « non », nous pouvons dire « oui »:

  • et nous oublier, laisser de côté nos propres besoins.
  • et nous obliger. Dans notre esprit, l’Autre s’enquiert alors d’une dette envers nous. Ce ressentiment n’aura de cesse de se manifester dans notre relation afin de « faire payer ».

Et si nous changions de perspective ?

Dire un non authentique permet la sécurité :

  • en disant oui à nos propres besoins et à nos limites.
  • un « non » authentique rend nos « oui » sincères !

Se connecter à nos ressentis et à nos besoins et les exprimer ouvre de l’espace pour que notre interlocuteur puisse en faire de même. Nous pouvons alors nous connecter aussi à ce qui se passe pour l’Autre.
Chacun ayant été écoutés et entendus, il est alors possible de co-créer des solutions qui pourraient respecter les besoins de chacun. La relation est nourrie de ces échanges, et sur le long terme.

Apprendre à dire non est un chemin qui nous mène à une plus profonde connaissance de nous-même, met de la clarté sur nos intentions et nos enjeux dans nos relations et nous offre une plus profonde connexion à l’autre.

Et vous, que ressentez-vous lorsqu’on vous dit « non » ?
Vous avez grandi avec l’idée que dire « non » c’est … ?
A qui ou dans quelle situation est-ce hyper facile pour vous de dire non ? hyper difficile ?
Est ce que vous liez « non » au conflit ?

Envie d’en parler avec moi ? Prenez contact !